Parité Assurance, engagée dans la promotion de l’IA auprès des femmes, tant en tant que conceptrices qu’utilisatrices, a organisé une soirée tables rondes sur la thématique « Femmes, Assurance et IA : état des lieux et pistes de réflexion », le 20 mai 2026.
La conférence a démarré avec une prise de parole de Gilles Bachelier, président d’Intériale, et de Martine Carlu, directrice générale d’Intériale et présidente de Parité Assurance, qui nous accueillaient dans leur amphithéâtre.
Lors d’une première table ronde, modérée par Sylvie Bureau Nech, directrice de Relyens group, ont d’abord été abordées les différences de genre en matière d’utilisation de l’IA. Il est en effet avéré que les femmes sont moins enclines à utiliser l’IA que les hommes, tant au niveau de leur vie privée que professionnelle. Nathalie Beslay, avocate et co-fondatrice de Naaia (une solution de pilotage et de conformité de l’IA), qualifie même la révolution IA de « genrée », au vu de la faiblesse de la place des femmes dans l’ensemble du process. Les hommes, plus nombreux dans les fonctions tech, n’hésitent pas, par exemple, à créer des agents IA pour automatiser leurs tâches, alors que les femmes, plus nombreuses sur les fonctions support, ont moins d’opportunités pour intégrer l’IA dans leurs missions. Avec à la clé le risque des biais de genre ainsi qu’un amplificateur des inégalités. Comme le relevait à titre de boutade Marianne Tordeux-Bitker, directrice des Affaires Publiques et de la RSE à la MNH : « l’IA est la nouvelle Rolex : si on ne l’utilise pas on rate sa vie ».
Comment inciter les femmes à s’emparer davantage de cet outil ? Il en est de la responsabilité collective pour mieux promouvoir cet outil auprès de leurs équipes féminines : manageurs, RH, dirigeants, écoles, pouvoirs publics, etc… Christian Oyarbide, Président de Mutlog, défend une IA sociale et solidaire, qui intègre l’humain. Chantal Génermont, fondatrice et CEO de BridgeAI, préconise « de prendre le temps, d’exiger que tout le monde comprenne l’intérêt et les outils IA, et de ne pas hésiter à renoncer à certains projets ». Alexia Desporte, co-fondatrice de Frugal et co-CEO de Firmin souligne « qu’il faut tester les limites du modèle en le challengeant, mais aussi s’interroger en termes de frugalité et d’éthique, car pourquoi utiliser une Ferrari quand nous n’avons besoin que d’une Twingo ? ».
La seconde table ronde, modérée par Béatrice Imhaus, secrétaire générale de Parité Assurance, a eu pour thème « Quelles formations et carrières pour les femmes dans l’assurance ? ». Ce sujet de la formation à l’IA est en effet essentiel : Il touche à la transformation des métiers, à l’IA, à la data, aux risques émergents, à l’attractivité́ des talents et à la capacité du secteur assurance à rester compétitif. Les emplois, tous genres confondus, dans les métiers de l’IA sont sous tension, comme le souligne Béatrice Imhaus. La France compte seulement quelques dizaines de milliers de data scientists et architectes IA. Toute l’Europe est à la peine : 3,9 millions de postes techniques seront non pourvus d’ici 2027 dans l’UE, selon Mc Kinsey ; 75% des recruteurs peinent à recruter ; 85 % des dirigeants ont reporté des projets IA, à cause du manque de talents, selon Bain & Cie. Les besoins en formation – pour les hommes, et encore plus pour les femmes – sont un vrai goulet d’étranglement.
Mélanie Guenais, mathématicienne et maîtresse de conférence à l’Université Paris Saclay défend une meilleure diffusion des mathématiques auprès des jeunes filles, fustigeant la réforme du bac de 2021 qui détourne toute une génération de lycéennes des matières scientifiques. Ce que confirme Antoine Ocello, assistant professor à l’ENSAE Paris, qui a constaté que la part des jeunes filles à l’ENSAE, qui était de 26 %, a fondu à 19 % après la réforme du bac. Afin de diffuser la révolution IA, Jean-Gabriel Guillet a fondé une école IA à la Station F, The platform club, qui propose différents programmes destinés aux dirigeants et entrepreneurs qui souhaitent intégrer l’IA au cœur de leur stratégie. En charge au sein du Comex d’Allianz France de l’Unité Data, Engagement, Marketing et Stratégie, Isabelle Hébert détaille la stratégie de l’assureur en matière d’IA. La compagnie déploie l’IA comme “compagnon de travail” au quotidien, avec un chatbot interne de génération de texte et des cas d’usage ancrés dans les métiers (sinistres, souscription, relation client). A des fins de formation interne, l’assureur a créé une académie et un portail de formation, AllianzU, qui accompagne la montée en compétence IA/data des équipes, femmes comme hommes.
En conclusion :
1. La formation n’est pas un simple outil d’adaptation : c’est un instrument de transformation, de compétitivité et de justice professionnelle. Donner aux femmes un accès équitable aux compétences d’avenir, aux métiers techniques, aux reconversions et aux responsabilités, c’est renforcer la capacité du secteur à innover, à gérer les risques et à exercer une gouvernance plus responsable.
2. Il est nécessaire d’ouvrir davantage les formations IA et les carrières d’avenir aux femmes dans l’assurance, ce qui suppose d’agir à tous les niveaux : l’orientation, les écoles, l’entreprise, le management, la gouvernance et les politiques publiques.
3. L’enjeu n’est pas seulement de corriger des écarts. L’IA peut être en effet un accélérateur ou un amplificateur d’inégalités. Il est nécessaire de construire un secteur assurance plus innovant, plus responsable, plus attractif et mieux préparé aux transformations portées par l’IA, la data et les nouveaux risques.
4. Cette conférence était une première étape. Parité Assurance va continuer à intervenir sur le sujet des « Femmes, de l’IA et de l’assurance ». Nous vous tiendrons au courant de nos prochaines actions.
Nos 10 propositions pour promouvoir la place des femmes dans l’IA figurent en pièce jointe ci-dessous.
